Marlene et Samuel n’avaient pas de grand manifeste architectural en tête – juste une poignée de petits rêves et un grand désir de marcher le plus légèrement possible sur la planète. Le jour même de leur rencontre, ils ont découvert qu’ils partageaient le même souhait : vivre un jour en éco-communauté. Ils pensaient que ce rêve prendrait au moins une dizaine d’années à se concrétiser, mais un covoiturage providentiel les a menés jusqu’au Collectif ESPACES – où, par un heureux hasard, un lot était encore disponible.
La conception solaire passive de la maison qu’ils ont imaginée fait l’essentiel de la magie. De grandes portes-patio orientées au sud et deux généreuses fenêtres laissent entrer le soleil d’hiver, tandis qu’un plancher de béton emmagasine la chaleur comme un chat qui adore le soleil. L’été, un profond débord de toit assure un confort naturel. Ils ont volontairement gardé la maison petite – à la fois pour réduire leur empreinte écologique et parce que l’enfance néerlandaise de Marlene l’a guidée pour optimiser chaque centimètre. Sans sous-sol ni salle mécanique dédiée, tout – du système de plancher chauffant à la laveuse et la sécheuse – est discrètement dissimulé dans des armoires de corridor. Le rangement se glisse dans des endroits ingénieux.
Leurs quelques rêves de design ont aussi trouvé leur place : une baignoire avec une fenêtre parfaitement positionnée pour admirer les arbres environnants ; un bureau lumineux, baigné de soleil et tourné vers la forêt ; et une cuisine récupérée d’un espace de coworking, faite de bois recyclé et pleine de caractère. Ils ont encore réduit leur empreinte en optant pour une toiture, une fondation et des murs hautement isolés, des fenêtres triple vitrage, un usage minimal de céramique, une décoration composée de meubles de seconde main pleins de charme, la récupération de jolis cabinets de salle de bain d’un autre siècle, et des planchers et boiseries finis à l’huile de tung naturelle plutôt qu’avec des vernis toxiques. Et parce que toute maison chaleureuse mérite une touche de douceur, ils ont réservé un coin pour un hamac de salon et un tout petit poêle à bois, qu’ils allument surtout pour l’ambiance.